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09.01.2021
Salle 830, bâtiment Olympe de Gouges.

Camille Martin-Payre : Réinvestir Dorian Gray : le travail de l’intermédialité dans The Picture of Dorian Gray d’Oscar Wilde et trois reprises romanesque, filmique et télévisuelle

Sous la direction du Pr. Catherine Bernard (LARCA)

Cette thèse se propose d’étudier la spécificité de l’archétype qui s’élabore en Dorian Gray à travers la relation consubstantielle qu’il entretient avec l’intermédialité. The Picture of Dorian Gray d’Oscar Wilde (1891) est un roman travaillé par un questionnement intermédial : s’y déploie une théorie esthétique riche, volontiers paradoxale, s’appuyant sur un réseau massif de références artistiques ; y sont longuement interrogés, par le biais de la fiction, la fonction de l’art, les rapports entre les arts et la référentialité problématique du signe. En ayant donné lieu, par la suite, à d’innombrables adaptations, réécritures et réappropriations aux XXe et XXIe siècles, Dorian Gray est devenu un archétype transmédial omniprésent dans la culture populaire, dont les reprises successives poursuivent et renouvellent son questionnement intermédial initial. Ces reprises, dont nous étudierons plus particulièrement trois exemples paradigmatiques, permettent ainsi, non seulement, d’observer des phénomènes de concurrence intermédiale et d’évolutions technologiques (dans le sillage des études de l’adaptation), mais aussi de mettre en lumière le destin de discours esthétiques hérités du XIXe siècle, tels la fin de l’art et l’oeuvre d’art totale, dans la culture populaire des XXe et XXIe siècles. L’intermédialité, en retour, permet de comprendre la durable pertinence de l’archétype de Dorian Gray : en proposant de lire le corps de Dorian comme un médium, elle explique le pouvoir de fascination constant de ce personnage, ainsi que sa capacité à signifier les angoisses contemporaines concernant la technologisation du corps. Nous soutiendrons ainsi que Dorian Gray, par son association fondatrice avec l’intermédialité, est un archétype plastique – composite, protéiforme, malléable, difficilement dégradable mais infiniment recyclable – et inactuel, donc contemporain (G. Agamben) – court-circuitant, par le déphasage et l’anachronisme, le déroulé linéaire du temps.

 

Le jury est composé de :

  • Mme BERNARD Catherine, Université de Paris
  • M. GANTEAU Jean-Michel, Université Paul Valéry - Montpellier
  • M. GIUDICELLI Xavier, Université de Reims Champagne-Ardenne
  • Mme HUDELET Arianne, Université de Paris
  • M. MELLET Laurent, Université Toulouse-Jean Jaurès

 

La soutenance se tiendra le 9 janvier 2021, à 14 heures,  salle 830, bâtiment Olympe de Gouges.

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