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04.12.2021

Céleste HALLER - « I don't want my picture took. » Observer et penser les asymétries photographiques (États-Unis, de 1852 à nos jours)

Sous la direction du Pr. Jean KEMPF

 

À partir d'un corpus original de plusieurs milliers d'images montrant des personnes refusant d'être photographiées - qu'elles se cachent du photographe, cherchent à fuir la scène ou s'assurent que leurs traits ne seront pas identifiables -, cette thèse s'emploie à recenser la grande diversité des situations où la photographie serait porteuse d'un potentiel préjudice pour l'un ou l'autre de ses acteurs. En rendant manifeste un conflit entre leurs protagonistes, ces images invitent par contrecoup à s'interroger sur la nature contractuelle de l'image photographique et sur la façon dont le médium réarticule les relations humaines, depuis la prise de vue jusqu'à la réception de l'image. Il apparaît dès lors que chacun des cas de figure distingués dans le corpus participe d'une objection commune, persistante et le plus souvent implicite : à chacune de ses étapes, la photographie promeut un cadre technique, comportemental ou symbolique où s'érode le libre exercice du consentement. Ainsi, ce qui est remis en question par celui ou celle qui refuse de laisser son visage apparaître sur une image, ce sont différentes formes d'asymétrie qui s'imposent à ses dépens. Chacune de ces asymétries est caractérisée puis observée à travers l'histoire du medium afin de comprendre la manière dont elles ont été éprouvées, exploitées ou compensées jusqu'à aujourd'hui.

 

Composition du jury : à venir

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